
Le dossier des Coyotes de Phoenix a fait couler beaucoup d’encre et usé plusieurs claviers lors des deux dernières années.
Plusieurs acheteurs potentiels sont passés dans le tordeur.
La question est maintenant de savoir si Greg Jamison (Voir ses déclarations au bas du billet) sera le prochain. Cet homme d’affaires, autrefois président des Sharks de San Jose, est à la tête d’un groupe d’investisseurs qui aimerait bien garder les Coyotes à Glendale.
Jamison semble être le dernier espoir pour la survie de cette concession en Arizona. Si ça ne fonctionne pas, pour quelque raison que ce soit, l’organisation pourrait bien être être forcée de déménager.
D’ici là, voici un portrait de la situation afin que vous puissiez décortiquer ce dossier ainsi que les derniers développements s’y rattachant…
Membres influents de la Ville de Glendale
Mairesse : Elaine M. Scruggs
Adjoint de la mairesse : Steven Frate
Directeur général : Ed Beasley
Adjoint au directeur général : Jim Colson
Membres du conseil municipal : Yvonne J. Knaack (Barrel), Phil Lieberman (Cactus), Manny Martinez (Cholla), Norma Alvarez (Ocotillo) et Joyce Clark (Yucca)
Mise à jour (18h, 19 avril) : Le quotidien «The Arizona Republic» rapporte que Scruggs, Frate et Beasley pensent tous à prendre leur retraite, cette année. De plus, Lieberman ne se présenterait pas aux prochaines élections. Cela dit, ces politiciens devraient normalement toujours être en poste lorsqu’une décision sera prise concernant le dossier des Coyotes.
Ce qu’ils ont dit…

Scruggs : «Nous nous sommes fait dire qu’une entente serait bientôt conclue, mais je n’ai pas vu le moindre bout de papier. Je ne payerai pas plus de 11 millions $ par année pour la gestion de l’aréna. Donner de l’argent au propriétaire pour que les investisseurs fassent des profits n’est pas la bonne façon de procéder en ce moment. Un locataire autre que les Coyotes pourrait amener plus d’argent à la Ville si le tout est bien géré. Nous avons d’autres options qui sont peut-être meilleures que celle des Coyotes.»
Frate : «Il serait difficile de remplacer les 500 000 spectateurs qui visitent l’aréna à chaque année grâce aux Coyotes. Comment peut-on remplacer 500 000 personnes? Et ce nombre pourrait être plus grand s’il y avait un propriétaire sérieux.»
Beasley : «Gary Bettman m’a dit qu’il était confiant de conclure une entente avec le groupe de Greg Jamison. Nous structurons minutieusement le contrat afin d’éviter les problèmes vécus dans le passé. Nous attendons que la LNH approuve Greg Jamison en tant que propriétaire. L’entente devrait être dévoilée d’ici la fin du mois d’avril.»
Colson : «La Ville payera sa dette, que les Coyotes restent ou quittent. L’équipe génère des revenus qui compensent les coûts. Une étude a démontré que les Coyotes généraient 40% des taxes de vente au Westgate City Center. Avec les Coyotes, la Ville met la main sur 15,7 millions $ en revenus et taxes de vente de l’aréna. Sans les Coyotes, ce chiffre diminue à 6,5 millions $.»
Knaack : «S’il n’y a pas d’entente bientôt, c’en est fait des Coyotes. Je suis presque du même avis que la mairesse, mais je crois toutefois qu’il est encore possible qu’il y ait une entente pour garder les Coyotes à Glendale.»
Lieberman : «Je n’accepterai jamais de payer un montant avoisinant les 20 millions $ pour la gestion de l’aréna.
Martinez : «Nous devons payer notre dette, quoiqu’il advienne. L’achalandage créé par les 41 matchs à domicile aide à payer ces factures. La Ville payerait en moyenne 14,5 millions $ pour la gestion de l’aréna. Les revenus des Coyotes sont importants pour nous.»
Clark : «S’il n’y a pas d’entente d’ici le 1er juillet, le conseil municipal devrait placer la gestion de l’aréna aux enchères. On ne payera pas 25 millions $ à la LNH une autre fois. Il est impossible de connaître le coût réel d’exploitation de l’aréna, à moins que les Coyotes ne quittent Glendale. Si nous voulons nous entendre avec le groupe de Jamison, ce sera bien plus que 11 millions $ par année que nous devrons verser.»
Du côté de la LNH…

Gary Bettman et Bill Daly sont des hommes de peu de mots lorsque vient le temps de parler de l’avenir des Coyotes à Glendale.
Les deux hommes veulent garder l’équipe en Arizona, mais la majorité des propriétaires aimeraient voir l’équipe quitter le désert.
Bettman connaît Jamison depuis près de 30 ans, eux qui oeuvraient au sein de la NBA avant de se joindre aux rangs de la LNH.
On pourrait croire que cette «connection» entre les deux hommes pourrait faciliter les choses, mais il n’en est rien.
Avant qu’une entente ne soit conclue et approuvée, il y a plusieurs étapes…
1. Jamison doit s’entendre avec la Ville de Glendale pour la gestion de l’aréna.
2. Le conseil municipal de Glendale doit approuver cette entente.
3. Le bureau des gouverneurs de la LNH doit approuver Jamison en tant que propriétaire.
4. Jamison doit conclure une entente avec la LNH pour l’achat des Coyotes.
5. Le bureau des gouverneurs de la LNH doit approuver la vente.
6. L’Institut Goldwater, chien de garde des finances publiques, peut venir jouer les trouble-fêtes.
J’ai échangé plusieurs courriels avec Daly lors des dernières semaines et ses nombreuses réponses, bien que souvent évasives, me font croire que la possibilité d’un déménagement n’est pas si lointaine dans sa tête.
Si jamais la LNH s’entend avec Jamison, mais que la vente est refusée par le bureau des gouverneurs ou bien que l’Institut Goldwater menace les deux parties de poursuites judiciaires, comme on avait pu le voir avec Matthew Hulsizer à l’époque, Bettman et Daly n’auront pas le choix de regarder vers Québec.
Parlant de Québec, sachez que c’est la seule destination possible si les Coyotes venaient à déménager lors des prochains mois.
Qu’est-ce que l’Institut Goldwater? (Ajout, 19 avril)
C’est la question qui revient le plus souvent sur la table.
L’Institut Goldwater est un organisme à but non lucratif qui a été fondé en 1988. Basé à Phoenix, cet organisme a pour but de protéger les citoyens contre le gouvernement si ce dernier tente d’outrepasser son autorité constitutionnelle.
Or, dans l’éventualité où la Ville de Glendale mettrait trop d’argent sur la table pour garder les Coyotes, les citoyens pourraient faire appel à l’Institut Goldwater pour les défendre devant les tribunaux.
C’est pourquoi il est extrêmement difficile pour un acheteur potentiel, qui veut être aidé par le gouvernement financièrement, de se porter acquéreur des Coyotes.
Le Colisée prêt à accueillir une équipe de la LNH en août (Ajout, 19 avril)
Si les Coyotes devaient déménager dans les prochains mois, le Colisée de Québec serait prêt à les accueillir dès le début du mois d’août.
Les Remparts étant maintenant éliminés, les rénovations commenceront sous peu. Celles-ci, évaluées à 6,8 millions $, permettront au Colisée de respecter les normes d’un amphithéâtre de la LNH.
Les bandes, la réfrigération et la climatisation seront notamment touchés par ces travaux. De l’équipement sera loué pour une période de 36 mois afin de réduire les coûts.
Première sortie publique de Greg Jamison (Ajout, 22 avril)
Le 21 avril, Jamison est sorti de son mutisme en accordant une entrevue au réseau américain FOX, déclarant qu’il travaille sur le dossier et qu’il espère en venir à une entente sous peu.
Voici ses propos :
«Je fais cette sortie pour que les gens puissent savoir que nous travaillons réellement sur le dossier. Mon nom a circulé énormément ces derniers temps, mais je veux que vous sachiez mon seul et unique objectif est d’acheter les Coyotes pour les garder ici, à Glendale, pour longtemps, très longtemps. Je veux aider cette organisation à grandir et amener plus de gens à l’aréna. Nous travaillons là-dessus depuis un certain temps et le groupe que l’on crée semble vraiment croire en ce projet.»
«Je peux vous dire que la LNH veut garder les Coyotes à Glendale. Gary Bettman travaille fort pour pouvoir garder l’équipe ici et je sais la Ville de Glendale souhaite également garder son équipe. Considérant que les deux parties voulaient garder l’équipe à Glendale, mon groupe s’est montré intéressé. Il y a aussi la nouvelle convention collective qui s’en vient. Avec tout cela, je crois qu’il y a un potentiel fort intéressant ici, à Glendale, pour cette formation. Nous réalisons des progrès chaque jour. Je ne peux pas vous dire que l’on en viendra à une entente, pour le moment, mais nous espérons tous y arriver bientôt.»
Mon point de vue : C’est Gary Bettman qui a demandé à Greg Jamison de faire cette sortie publique. C’est stratégique, tout simplement. En réalité, il n’y a pas vraiment de nouveau dans le dossier… et on n’apprend rien de nouveau avec ces déclarations. On a montré le visage du «sauveur», du «dernier espoir» de l’organisation. Ce dernier dit vouloir en venir à une entente, mais ne peut rien garantir. Il prend le soin, au passage, de dire que Bettman fait tout pour garder l’équipe à Glendale. Ainsi, la LNH pourra dire qu’elle a tout fait en son pouvoir pour garder l’organisation là-bas si jamais ça ne fonctionne pas avec Jamison. Ce n’est pas pour rien que ces deux hommes sont des amis. C’est pour pouvoir «rassurer» les partisans de la sorte, à l’occasion.
Foire aux questions (FAQ)
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Je disais, au début de ce billet, que le dossier des Coyotes avait fait couler beaucoup d’encre et usé plusieurs claviers, mais c’est loin d’être terminé…
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